Sclérose en plaque : l’intestin et l’alimentation, facteur de risque et point de départ

La sclérose en plaque est une maladie qui fait frémir… classée dans les auto-immunes, le corps s’attaque à lui-même, plus précisément à son propre système nerveux, et la médecine moderne n’a aucune solution à proposer. Fatalité ? Impuissance ? Peut-être, peut-être pas. Notre connaissance de cette maladie montre des voies fort prometteuses avec la 3e médecine, celle d’Hippocrate, l’alimentation !

*Deuxième partie*

 

L’intestin, comme première barrière immunitaire, fait 85 % du travail. Pourtant, il est tellement mal traité par la vie moderne qu’il se trouve impliqué dans de nombreuses maladies auto-immunes auxquelles n’échappe pas la SEP. Il faut dire que l’intestin est une voie ouverte sur l’extérieur et que l’échange entre l’extérieur et l’intérieur du corps y est assez intense. Si c’est par là que les nutriments peuvent passer, c’est aussi par là que virus, bactéries et autres agents pathogènes tentent de se frayer un chemin. Mais la nature étant bien faite, l’intestin est (normalement) bien armé pour y faire face. Sauf que…

Nous ne sommes plus en 1900. Et à force d’antibiotique, le médicament AINS, de junk food, d’antibactérien et anti – tout, d’alimentation morte (hybridation, OGM, pesticide, engrais chimique, stérilisation, radiation, chlore et fluor, aliments et diète sans gras, riche en sucre…), pollution et métaux lourds, la liste est trop longue, l’intestin voit ses armes défaillir. Ses bactéries qui composent son microbiote, sont perturbées et laissent la place à d’autres qualifiées de pathogène; ses cellules épithéliales agressées et ses jonctions serrées détruites ne jouent plus leur rôle de muraille de Chine; ses anticorps totalement affolés et sur-réactifs deviennent moins présents pour se concentrer dans le système sanguin… En bref, cette porosité intestinale devient la porte ouverte aux maladies jusque-là rares et désormais communes dont le système nerveux est la première cible.

Il est désormais communément admis que de nombreuses personnes atteintes par la SEP présentent des troubles digestifs évidents et que, parmi ceux dits asymptomatiques, la porosité intestinale peut être aussi confirmée. Un des moyens de le vérifier est un test de zonuline (Nourrir sa santé peut vous aider à effectuer ce test validé par un laboratoire). Ce modulateur intervient dans l’intégrité des jonctions serrées gardant les cellules épithéliales intègres. Son rôle est primordial : il agit comme un garde frontière qui s’assure que les bactéries, virus, anticorps ne passent pas dans le sang. Parmi les facteurs contribuant à la libération de la zonuline, le blé, le déficit de vitamine D, les médicaments, la gastroentérite… en font partie.

A cela va s’ajouter une sensibilité génétique qui est propre à chaque individu, voir à chaque famille. Ainsi, dans le cas d’une perméabilité intestinale, la personne augmente son risque de réaction à un antigène (une protéine alimentaire, une bactérie…) et de déclencher la réaction en chaîne menant à une maladie auto-immune. Or, l’allergie croisée est au cœur des avancées de la recherche sur la SEP. Un système immunitaire déjà surexcité par la confusion entre la protéine de la myéline et ce qui croit être le virus de l’herpès 4, ne peut pas réagir de façon appropriée face à l’arrivée d’aliments non ou mal digérés, de bactéries pathogènes et de levures, de métaux lourds non éliminés par l’intestin et le foie… Il n’est pas disponible pour faire son travail tout occupé qu’il est à combattre un pseudo-ennemi. Il s’en suit un affaiblissement immunitaire général.

Ces aliments non ou mal digérés vont ainsi passer la barrière épithéliale et libérer dans le sang des protéines inflammatoires, des toxines ou autres morphines (cf caséomorphine et glutéomorphine) dont les effets délétères sont désormais bien connus pour le système nerveux central. Il devient la première cible comme dans l’autisme régressif (voir les articles de Nourrir sa santé), la polyarthrite rhumatoïde, l’Alzheimer… A s’ajoute la mal-absorption des nutriments et micronutriments, la prolifération de bactéries, les rages de sucres, les débalancements physiologiques et autres inconvénients digestifs. Dans le cas de la SEP, le système nerveux se trouvent attaqué de tout bord tous côtés dans son intégrité.

Le rôle de la vitamine D dans le cas de la SEP est particulièrement intéressant et illustre bien le rôle du système digestif. Cause et effet, elle est actuellement considérée comme un facteur aggravant du déclenchement de la maladie. Toujours basse chez les personnes atteintes, cette vitamine liposoluble qui est en fait une hormone, se retrouve dans l’alimentation et est synthétisée dans l’organisme humain à partir d’un dérivé du cholestérol sous l’action des rayonnements UVB1 du Soleil. Elle intervient dans l’absorption du calcium, du magnésium et du phosphore par les intestins, ainsi que dans leur réabsorption par les reins. D’autre part, elle est un puissant anti-inflammatoire et elle influence plus de 200 gènes, et aurait une action de réparation de l’ADN. Elle diminue, point important, la perméabilité intestinale. C’est pourquoi elle est connue pour son effet bénéfique sur la SEP. Dans un pays comme au Canada, se supplémenter en vitamine D n’est donc pas un luxe.

Aussi, si on ne peut pas intervenir sur le virus ni sa réaction croisée avec la myéline, il est possible d’intervenir sur la santé intestinale. Et c’est là l’espoir, car tout un chacun peut être l’acteur de son bien-être en attendant que la recherche trouve une meilleure solution.

Prochain article : La SEP, comment intervenir par l’alimentation ?

Première partie : http://avondalesorchard.ca/sep-le-systeme-immunitaire/

 

Sources : Émilie et Julien Venesson, David Perlmutter, Société canadien de la sclérose en plaque, Alessio Fasano, Jean Seignalet, Brent Richard, Lynn Levin,  M. P. Pender and S. R. Burrows…

Remerciement à mon ami Hossein, photographe, pour m’avoir confiée ses photos si belles, si pures et empreintes de liberté…